Le lait d’équidés en France : à la découverte d’une production encore méconnue
Le lait d’équidés (d’ânesses ou de juments) reste une production encore peu connue en France. Pourtant, derrière les savons, les crèmes et les quelques produits alimentaires existants, se trouvent des femmes et des hommes qui ont fait de cette activité un véritable projet de vie.
En mars 2025, environ 128 producteurs de lait d’ânesse ou de jument étaient recensés en France. Apparue et développée à partir de la fin des années 1990, cette production reste encore confidentielle, mais elle est aujourd’hui présente dans toutes les régions françaises. Au-delà de la production de lait, ces exploitations reposent souvent sur des projets agricoles et artisanaux singuliers.
Pour mieux comprendre cette filière, une enquête de terrain menée en 2025 auprès de 46 producteurs par Lisenn Legendre, dans le cadre de son mémoire de Master 2, a permis de dresser un portrait de ces exploitations et de leurs pratiques. Cette enquête a été réalisée avec l’accompagnement de Céline Vial, chercheuse à l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE), accueillie au sein de l’UMR MoISA de l’INRAE à Montpellier.
Des parcours souvent atypiques
Pour beaucoup de producteurs, se lancer dans la production de lait d’équidés correspond à un changement de vie : reconversion professionnelle, envie de retrouver du sens, retour à la campagne ou encore projet familial. Il s’agit souvent d’un projet construit autour d’une relation particulière aux animaux et d’une volonté de développer une activité à taille humaine.Les élevages restent généralement modestes, avec une taille médiane de 17 équidés. Les animaux sont majoritairement élevés dans des systèmes extensifs, avec une alimentation fondée sur l’herbe et le foin.
Une production artisanale et diversifiée
Le lait est principalement valorisé sous forme de cosmétiques artisanaux, notamment de savons. En effet, 64 % des producteurs interrogés fabriquent eux-mêmes leurs savons. Les usages alimentaires restent plus confidentiels.
Le lait seul permettant rarement de dégager un revenu suffisant, les producteurs diversifient leurs activités : fabrication de savons, vente directe, accueil du public, visites pédagogiques, médiation animale, ateliers ou encore balades. Cette diversification permet de faire vivre les exploitations tout en valorisant différents aspects de leur activité.
Peut-on parler de filière ?
Malgré leur engagement et leur savoir-faire, les producteurs soulignent plusieurs difficultés : le manque de formations, de références techniques et de reconnaissance de leur activité. La filière reste peu structurée et les ressources disponibles pour accompagner les nouveaux producteurs sont encore limitées. Pourtant, ces exploitations développent des savoir-faire originaux, à la croisée de l’élevage, de l’artisanat et de l’accueil du public.
Comment choisir un produit au lait d’équidés ?
L’origine du lait et sa proportion dans les produits commercialisés sont des informations importantes à vérifier. Lors de l’achat d’un produit présenté comme étant au lait d’ânesse ou de jument français, pensez à consulter son étiquetage : lieu de production du lait, ferme ou laboratoire de fabrication et pourcentage de lait contenu dans le produit, plus le lait est loin dans les écritures des composants, moins il y en a.
En savoir plus
Ces informations sont issues d’une enquête de terrain menée en 2025 par Lisenn Legendre dans le cadre de son mémoire de Master 2, encadrée par Céline Vial et financée par l’INRAE de Montpellier et l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE).
Le CPIE des Causses Méridionaux vous propose de découvrir les principaux résultats de cette enquête à travers un flyer de vulgarisation réalisé par Lisenn Legendre, en service civique au sein du CPIE.
Pour en savoir plus sur cette production ou obtenir des informations sur les producteurs, vous pouvez contacter le CPIE des Causses Méridionaux : contact@cpie-causses.org.


