Pourquoi récupérer les eaux de pluie pour l’abreuvement sur les Causses Méridionaux ?
- Sur les Causses Méridionaux, l’eau est une ressource essentielle pour tous et notamment les exploitations agricoles. Pourtant, son accès peut devenir plus difficile en période estivale, lorsque les besoins sont importants et que les ressources disponibles sont au plus bas. Dans le même temps, les besoins du territoire augmentent avec la fréquentation touristique et les différents usages de l’eau. Les périodes de sécheresse peuvent ainsi accentuer les tensions entre les usages, notamment autour de l’eau potable.
- Dans ce contexte, récupérer l’eau de pluie peut constituer une solution simple pour diversifier les ressources en eau de l’exploitation et au-delà de l’enjeu environnemental, la démarche répond à des objectifs très concrets : sécuriser l’accès à l’eau, renforcer l’autonomie des exploitations, réduire leur dépendance au réseau public et potentiellement leurs charges liées à l’achat d’eau. Elle permet également d’envisager la valorisation d’équipements déjà présents sur les exploitations : surfaces de toiture, anciennes citernes, etc.
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- Une ressource disponible directement sur l’exploitation
- Les toitures des bâtiments agricoles offrent des surfaces déjà imperméabilisées qui permettent de récupérer une partie des précipitations. L’eau peut ensuite être stockée dans une citerne et utilisée pour l’abreuvement des animaux.
- Cette solution permet de répondre à un besoin concret et quotidien des élevages, tout en limitant le recours à l’eau potable lorsque celle-ci est utilisée pour l’abreuvement.
- L’intérêt est particulièrement important pendant les périodes où plusieurs usages de l’eau se concentrent. L’été correspond notamment à une période de forte fréquentation touristique et de besoins élevés, alors que les ressources en eau sont souvent plus contraintes. Diversifier les ressources utilisées par les exploitations peut donc contribuer à réduire la pression exercée sur le réseau d’eau potable.
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- Source : Chambre d’Agriculture de la Haute-Loire
- Anticiper l’évolution du coût et de la disponibilité de l’eau
- Récupérer l’eau de pluie peut également être considéré comme une solution d’adaptation à plus long terme. Avec des épisodes de sécheresse plus fréquents et des périodes de tension sur la ressource, l’accès à l’eau peut devenir plus contraignant pour les différents usagers.
- Mettre en place une ressource complémentaire sur l’exploitation permet ainsi de gagner en autonomie et de limiter sa dépendance au réseau d’eau potable. L’intérêt économique dépend toutefois de chaque exploitation : investissement nécessaire, volume d’eau récupérable, besoins du troupeau et coût actuel de l’approvisionnement en eau doivent être pris en compte.
- Des installations qui peuvent avoir plusieurs fonctions
- La récupération des eaux de pluie peut également être intégrée à une réflexion plus large sur les points d’eau multifonctionnels.
- Un point d’eau correctement conçu peut répondre aux besoins d’abreuvement des animaux et, dans certaines configurations, pourrait contribuer également aux dispositifs mobilisables pour la défense des forêts contre les incendies (DFCI). Le CPIE des Causses Méridionaux souhaite mener de réflexion sur la conciliation entre récupération des eaux pluviales et la création de points d’eau pouvant répondre à la fois aux besoins agricoles et à ceux des services de secours.
- Et si l’eau pouvait aussi favoriser la biodiversité ?
- Sur les Causses, les points d’eau liés aux activités pastorales font historiquement partie du paysage. Les mares et lavognes ont notamment permis d’abreuver les troupeaux tout en créant des milieux favorables à de nombreuses espèces comme les oiseaux, les chauves-souris, les insectes pollinisateurs et nombreuses espèces aquatiques.
- La création ou la restauration d’un point d’eau ouvert peut donc, lorsqu’elle est adaptée au contexte et correctement aménagée, apporter des bénéfices supplémentaires pour la biodiversité et sa résilience
- Cela ne concerne toutefois pas une citerne fermée destinée uniquement au stockage : l’intérêt écologique dépend du type d’aménagement réalisé.
- Comment savoir si la récupération est intéressante pour son exploitation ?
- Chaque exploitation est différente. La quantité d’eau récupérable dépend notamment de la surface de toiture, de la pluviométrie locale et du type de couverture, tandis que le volume de stockage nécessaire dépend des besoins des animaux et de la répartition des pluies au cours de l’année.
- Dans le cadre de son stage de fin d’études d’ingénieur au sein du CPIE des Causses Méridionaux, Léna Fuster a travaillé pendant six mois (mars à août 2026) sur la récupération des eaux de pluie dans les exploitations agricoles du territoire d’action notre structure. Ce travail, mené en lien avec les agriculteur-rices, les partenaires techniques et les collectivités du territoire, avait pour objectif de mieux comprendre les besoins en eau des exploitations et d’étudier dans quelles conditions la récupération des eaux de pluie pouvait constituer une ressource complémentaire pour l’abreuvement des animaux. Ce travail aboutit notamment à la réalisation d’un 1er outil de pré-dimensionnement permettant d’estimer le potentiel de récupération des eaux pluviales et d’évaluer le volume de stockage nécessaire en fonction des caractéristiques de l’exploitation, de la pluviométrie et des besoins en eau.
- Le mémoire de fin d’études, présentant la démarche, les résultats et les limites du travail réalisé, peut être disponible sur simple demande à l’adresse contact@cpie-causses.org. De plus, afin d’offrir un maximum de moyens concrets de réflexions des ressources complémentaires sont également en cours de finalisation via des fiches pratiques sur des sujets tel que : La remise en état d’une ancienne citerne et La comparaison des types de stockage pour la récupération d’eau de pluie. Ces documents ont vocation à être utiles aux agriculteur-rices souhaitant réfléchir à la récupération des eaux de pluie sur leur exploitation, mais également aux structures partenaires techniques et collectivités qui souhaitent disposer de ressources pour accompagner ces réflexions sur le territoire à nos côtes. Disponible sur simple demande à l’adresse contact@cpie-causses.org.
- Nous remercions chaleureusement l’ensemble des personnes ayant contribué à ce travail, et tout particulièrement les agriculteur-rices ayant pris le temps de répondre au questionnaire, de participer aux échanges et de partager leurs pratiques et leurs besoins. Ces retours ont été essentiels pour orienter le travail et construire un outil au plus près des réalités des exploitations. Nous remercions également tous nos partenaires qui nous aider d’un point de vue technique, financier ou simple relais : CC Lodévois et Larzac et Pays Viganais, CC Gorges Causses Cévennes, Chambre d’agriculture et Syndicat des éleveurs et enfin les animatrices des sites N2000 de notre territoire via notre réseau interne et le syndicat mixte du grand site de Navacelles.
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- Et la suite ?
- À partir de ce premier travail, nous souhaitons désormais aller plus loin et structurer une véritable démarche collective. Dans un premier temps, nous proposons de travailler sur le territoire d’intervention du CPIE des Causses Méridionaux, qui couvre 56 communes de l’Hérault et du Gard, entre Causses, vallées et Cévennes, avec une forte présence de l’élevage extensif et de l’agropastoralisme. Pour cela nous souhaitons continuer à travailler étroitement avec la Chambre d’agriculture de l’Hérault et le Syndicat des éleveurs de l’Hérault, qui ont été associés à la démarche et nous ont confirmé leur intérêt pour le projet.
- Le prochain temps prévu est un voyage d’étude le vendredi 16 octobre 2026 matin sur une exploitation de Lozère ayant bénéficié du projet de financement de systèmes de récupération des eaux de pluie porté par la Communauté de communes Gorges Causses Cévennes. L’objectif de cette visite sera de découvrir la cuve et les différents systèmes de récupération et d’acheminement de l’eau, mais aussi d’échanger avec l’agriculteur sur son retour d’expérience : mise en place, fonctionnement, efficacité, contraintes éventuelles, etc.
- Autres articles en lien sur le site :
- • Besoin des agriculteurs pour mieux comprendre la récupération d’eau de pluie sur les Causses Méridionaux
- • Réunion de restitution aux agriculteurs